Edmonton, CA, 2016

Swim at you own risk

Résidence de création de quatre mois au Arts Based Research Studio sur une invitation de Diane Conrad.

I have kept mixing languages (sound, dance, voice, visual), leading to a place, where the body is moving towards endlessly renewed patterns through contact with the world and its relations with others. The theme of exile is present in my body & mind as an inside question (and always renewed question). As well, I question the place of the artist within real or imaginary communities in tune or not with its adopted or original culture. I question the place keepers of forgotten stories and seek to allow the body’s vocabulary to include the collective memories of space and matter. As an interdisciplinary artist, my work can take many forms (performance, installation, restoring actions, urban ritual, writing, photography, heuristic’s maps, workshops) and the process, research and sustained exchanges are as essential and valued as the end product.

Last July, I have been deeply moved by the murder of my Mexican friend and choreographer, Nadia Vera last summer, and by the attacks in Beirut & Paris as well. I ask myself how can we continue to dance as our bodies resonate with these chocks and violence ? During my residence I will explore an underscore of jumps & voice, finding a physical and emotional engagement in that resisting/explosive/alive body . The notion of “resilience” will be central : how can we continue to dance with a missing part – with our grief, with our sadness – and transform it. How can we continue even more to collaborate, to create a human web of solidarity through art – just continuing the movement even if some part of US disappears…

The research process will be open to people from different background who will be interested to work in a lab frame.

 

MOTS

Petite image de mon jour 1 dans la grotte.
L’université est vide.
Le studio souffle dans la soufflerie.
J’ai allumé par inadvertance le projecteur qui fait un magnifique carré bleu sur le mur. J’ai sonné et dansé sous la vibration de ce Rothko technologique.

C’est doux – et je perds la notion du temps.
Je vais passer de l’eau sur le plancher et aller voir la rivière avant que le jour ne tombe.

C.

(15 février 2016 à 14:31)

 

//// From A widening field
When the Crow Indians feel stuck in some habit
they do everything in reverse – ride their horses backwards, eat breakfast at suppertime.

So I’m having breakfast – tipping with my nose after a very slow walk. Going IN – and OUT and back IN / water / river / (s)pain / Songs / blue

C.

(16 février 2016 à 21:26)

 

I’m dancing, sounding, not doing, doing, doing, breathing in, eating outside, coming back inside, fighting
with ghosts (they are several of them in the studio as there is no way to go out!!) , laughing with them too – well life is is rich!

C.

(22 février 2016 à 20:04)

 

Ce matin T. est venue dans la boite noire et ce fut merveilleux de résonner à deux plutôt que seule. Cela me donne vraiment de nouvelles informations.
Je pense que ce projet n’est pas un solo – je pensais aussi à la justesse de montrer ou ne pas montrer. C’est fou la différence de déplier une esquisse de geste / de voix avec quelqu’un qui sait écouter et regarder dans les plis du processus en cours. Donc à prendre en compte pour la prochaine ouverture studio.

C.

(1 mars 2016 à 11:24)

 

Perhaps one day this week in the studio … forget it all … and
dance and dance and dance …
it articulates something else about what
you are doing … and if you want to do that … well,

do that!

L.

(29 mars 2016 à 07:11)

 

I think that if I’m able to undo with gentleness – and listen to – and breath in.
I realized that I haven’t been going to the river and that the movements come from the land.

Also —- I touched this “noeud” in the past – in this work of “creating” a piece…a kind of tension comes with that – At the moment… I feel just stuck…and sometime there is a radical energy that comes from a blockage… We will see…

C.

(29 mars 2016 à 08:54)

 

Oui c’est fort ici – se tenir droite – je crois que cette pièce est entrain de naitre et de se tenir debout avec tous ceux qui sont dans la rue, sur les toits, avec tous ceux qui révolutionnent, tournent, fabriquent, créent…

Je le sens NOUS SOMMES SOMOS
WE ARE!
HERE and we stand UP!

C.

(31 mars 2016 à 16:42)

 

This coming Friday, April first, I’m opening the door of the Arts Based Research Studio. It will be the last day of my residence “Swim at your own risk”.

So inspired by Jeanine Durning I ask

What if Opening Studio…is like open the door of your home,
your heart, your note book, your closet ?

​What if Opening Studio​…​is like being naked in front of the Saskatchewan River ​?

What if Opening Studio…is fragile, funny & od (I don’t know how to spell this word but I like it) at the same time ?

What if Opening Studio is still in process?

What if Opening studio…is a way to thank the space?
To thank Diane C. who opens this space to me?
To thank all the persons, Lin, Ryan, Theresa, Josh, Bahaa, Joëlle, Lebo, Nicky, Dubhe, Daria, Svitlana, Karen, Michael(s), Sonja, Liron, Angela, Gerry, Kelci, Su Feh, Rebecca… who have been dancing, swimming, listening…questioning, talking, jumping with me ?

What is Opening Studio is…a Closing studio ?

It’s at noon – April 1rst
AND at 2 pm if there are people who can’t come at noon, but can at 2pm AND want to close the door with me.

Arts Based Research Studio
Education North 4-104

Let me know if you come & bring your swim suit!

(So I know how many bottle of champagne I need to buy).

(29 mars 2016 à 17:25)

 

IMAGES et PROCESSUS

Les images prises lors de cette résidence sont des formes de miroirs–réflecteurs qui informent au fur et à mesure le processus de vision : qu’est ce que je regarde, comment je le regarde, comment cela me regarde, comment cela se révèle ensuite dans le corps, le mouvement, le son. Des mouvements quasi invisibles ou éphémères me saisissent : une fumée, un tremblement d’air sur la surface d’une flaque d’eau, les traces de lumière qui se déplacent sur le sol, le reflet d’un arbre dans la glace, le mouvement des branches et des feuilles imperceptiblement bougées par l’air…

 

PLACE

a place / une place : Partie d’espace, portion libre qu’occupe ou que peut occuper quelqu’un ou quelque chose / Être à sa place. Être là où l’on doit être / S’imaginer, se supposer dans l’état, dans la situation où la personne en question se trouve (pour mieux juger, comprendre la situation). Synon. se mettre dans la peau* de qqn…

Chaque place contient en potentiel des informations tues ou inouïes. Ces informations peuvent appartenir à plusieurs réseaux : historiques, biologiques, mnésiques, sensoriels. Elles travaillent verticalement ensemble et entrent en résonance avec le processus interne, physique et imaginaire qui a lieu dans le corps du marcheur-danseur. Le marcheur-danseur est lui aussi porteur de son propre lieu (ou place) qui à son tour entre en discussion avec le paysage.

 

Agir par le vide plutôt que par le plein

Être le médium de l’accident et du hasard (Francis Bacon)

L’initiation du processus de création se fait sur un mode méditatif, minimal et solitaire, invitant au silence, à la lenteur (voir l’extrême lenteur) et à l’écoute. C’est un point de rencontre avec le monde qui se libère petit à petit du trop-plein pour ouvrir un espace vide (des espaces vacants) où la rencontre (avec soi / avec l’autre / avec l’autre) peut ensuite avoir lieu sur un mode imprévu et/ou improvisé dans l’instant.

CREUSER
ÉCOUTER
S’ÉCOUTER
RENCONTRER / S’ADAPTER / FAIRE AVEC CE QUI EST LÀ
(Being Flexible)
Transmettre : Performance & Éducation

L’ATELIER est un lieu d’échanges, de transmission et d’essais : essais de formulation d’un travail de recherche interne et solitaire vers des personnes qui ne connaissent pas le travail, qui viennent de disciplines différentes, voire qui n’ont pas d’expérience comme performeurs ou danseurs.

 

Atelier 1 : RÉSILIENCE_RÉSISTANCE
Atelier 2 : HOME_HEARTH_HEART_EARTH_SHELTER

Chorégraphier la parole

Le format de la discussion ou TALK est pensé comme un espace pour échanger des idées et aussi comme un espace chorégraphique, un espace de rencontre, un espace où plutôt que de se répondre, nous nous écoutons. Nous cherchons comment une discussion permet de laisser la cartographie des récits de chacun résonner, sans qu’il soit nécessaire d’argumenter. Ce rapport à l’autre dans l’écoute de ce qui est dit, est introduit par l’utilisation de cartes de parole. Au début de la discussion, des cartes de couleur vierges sont distribuées aux participants. Chaque carte représentant une parole. C’est-à-dire que chacun est invité à poser sa carte dans le cercle avant de commencer à parler. Ces cartes sont aussi des supports pour écrire durant la discussion et elles sont ensuite posées dans le cercle. Le geste de poser la carte (sur table) avant de parler peut paraître anodin ou inutile. Cependant il marque une suspension – un moment d’avant la parole – qui informe déjà l’ensemble. La façon même dont chacun fait ce geste, est différente et fait sentir à ceux qui observent, le soubassement de ce qui va suivre. À la fin de la discussion l’ensemble des cartes de parole et des cartes écrites forment une cartographie visuelle de ce qui vient d’être entendu : une sorte de matérialité éphémère de la parole individuelle mise en relation avec le collectif.

L’idée de ces discussions est de poser une question initiale ouverte (exemple : comment cultive- t-on un corps non violent) et d’inviter des personnes spécifiques à prendre la parole pour ensuite ouvrir la discussion à l’ensemble du groupe.

 

Pour l’instant cette discussion se bâtit en 4 temps :
  1. Rencontre individuelle avec chaque invité avant la discussion soit dans le lieu de création soit en marchant : walk & talk
  2. Retour individuel sur la discussion et partage des pistes intéressantes
  3. Discussion en groupe : 2 heures (voir exemple de talk 01 et talk 02) avec entre 10 et 15minutes de parole par invité.
  4. Retour écrit et synthèse de la discussion (écrits, images, dessins)

 

TALK 01

How can we cultivate a “non-violent” body?
How can we continue to dance/create as our bodies resonate with chocks and violence? How can we continue to dance with a missing part – with our grief, with our sadness – and transform it. Ghandi is speaking of this non-violent moment as we choose to process the energy of anger instead of acting from our anger.

 

Deux invités
  • Lin Snelling, danseuse, chorégraphe et professeure au département Théâtre de l’U of A.
  • Joëlle Préfontaine, étudiante à la maîtrise au département Théâtre de l’U of A.

 

TALK 02

What’s a body who lost its indigenous language?
If there are grounds colonized by the same conquerors, it is clearly that of our imaginations and bodies. It is important that we create together and decolonize the lands of imagination and bodies and rehabilitate our artistic, political, poetical and shamanic practices.

 

Deux invités
  • Ryan Stanfield, PHD, chercheur en biologie du Hacke Lab (U of A) qui travaille surl’anatomie des plantes.
  • Lebogang Disele, PHD, chercheuse du département théâtre (U of A).

For me, this begs the question first of all, of what is language? Who does it belong to? On the one hand the body is in and out of time, disconnected somehow. There is a constant attempt to reclaim the self because there is a disconnect between the self and the culture. But also there is a self-colonization that happens because language is borne from culture, and the culture is patriarchal, and thus masculine, which, for the female body, begs yet another question, “did the language ever belong to that body”?
So there is always a struggle for inclusion, hence the notion of dismantling the border – to create space for multiple subjectivities in conversation with each other as opposed to over each other, and creating new languages by finding new ways of being.

Lebogang Disele

Be it our society, culture, or personal relations, nature is a wise teacher. What we learn are some basic truths. In order for new organisms to thrive, there is need of open space. The space could come from something very destructive or very gradual. Some may believe that the destruction of an entire ecosystem from a single event to be very tragic, but what lies at the opposite end of the extreme? When there is no disturbance at all? An example of this is in our own backyard. Here in Alberta, pine trees dominate in the older forest. Because man has prevented forest fire for over 100 years, this changes the dynamic of the forest. Poplar, spruce and fir trees no longer have space, since the pine has taken control. Worst yet, the pine is now unhealthy due to their old age, and are constantly under attack from mountain pine beetle. The lack of disturbance has decreased the ability for the tree species to be resilient.

Ryan Stanfield

 

“The jumping combined with the “blue square” and the shadow it creates on your body sustains a strange and wonderful texture: a live painting or video recording; the levels of imagery suggest multiple memories and images as I watch. Combined with Nadia’s voice towards the end of the jumping … my thoughts go towards how vulnerable the body is … on its own, and in a crowd; and how the act of exhaustion is always powerful to witness: there is a kind of virtuosity that softens and opens up the senses to keep seeing more … details of breath, hair moving, arms tall and wavering, legs that push and rebound … all of these things take me somewhere. Both times I saw the work, I was allowed to wander myself into a landscape of obsessive resilience … a performance that cries out, points to politics, and humanity and wonders what can be done in the face of all this violence … what can we notice that might allow our perspectives to change … where is the potential for something else to be seen and felt. Can one’s voice be so connected to the body that words aren’t necessary … the body speaking with another kind of dignity.” (Lin Snelling)

 

“When the room darkened, I was very curious as to what this experience was going to be about, but I didn’t have any kind of expectations. For a moment, I lost track of where you were, and it somewhat surprised me when I heard sounds coming from the ceiling. “What is she doing up there”, I thought. I entertained the thought that you might hook yourself to a wire and fly across the stage. But then you came down, calmly, and started your routine on the floor. I thought of the form and the motion to be reflecting a sort of primitive nature. Not even a human primitive nature, it was very tree like. Like how a tree might move if it could walk or crawl around. I thought it was a good place to begin the story.

I noticed the sound of your feet against the floor as you moved. When you lifted your foot off the stage, there was a sticky kind of sound, in the areas that had been moped. I’m not sure if this was significant, but I remember this well.” (Ryan Stanfield)

 

 

 

 

  • Résidence de création Arts Based Research Studio, University of Alberta
  • Images de la performance Michael Reinhart
  • Images de recherche Camille Renarhd