Fiac, FR, 2009

 

Avec les habitants de Fiac : Dominique Caussé, Christian, Caussé Osmin Caussé, Adrien Delmas, Florence Fauré, Amaed Sidhoum, Ahmed Azzouz, Florence Landau, Charlène Moura, Béatrice Davault et les passeurs.

Texte : Julie Jaroszewski / mise en son par Camille Renarhd.

Vidéo filmée : par Pierre Bongiovanni / performance Camille Renarhd

Duo dansé : Dominique Caussé, Camille Renarhd

D’abord, il y a l’Afrique, le Niger, une nuit au bord du fleuve, une presque mort. Ils m’ont laissée là au début du désert.

Plus loin, il y a un très vieil homme qui chante. Et dans mes yeux, une danse que je reconnais, une danse des origines, pleine de sueur de ventre et de cris. Je ne sais pas encore d’où elle surgira dans mon corps.

Tout recommence au Nord, au Canada avec les Inuits. Le chant des femmes et la glace.

Le mouvement commence à creuser des lemniscates dans la colonne vertébrale.

La voix du corps est vibrante et forte.

Puis je descends plus au sud. Je rencontre les Mayas.

À chaque fois je me demande ce que les « blancs » viennent chercher si loin. Le corps est en sommeil – la voix s’est tue – à l’intérieur l’orage.

Un jour, j’arrive à Fiac, où je rencontre Dominique, Christian, Osmin, Marinette.

Dans mes bagages, des bouts de pays, des insurrections cachées, des masques de luchadors mexicains : les pièces d’un puzzle inachevé.

À 17, nous cocréons une poche de résistance : Performance-Rituelle In Situ, pièce de Land Art Multimédias.

En point d’orgue apparaît le coeur : un duo-danse avec Dominique.

La nuit est tombée. L’Afrique est revenue dans le corps et dans la voix

Article de Pascal Pique, Commissaire d’exposition

Relier les mondes

Cette mise en perspective critique de l’histoire, de l’intelligence rationnelle souvent dévastatrice des « blancs de l’occident», est aussi au centre du projet de Camille Renarhd. Danseuse et chorégraphe atypique, Camille Renarhd utilise la danse, l’image et le son au service d’une revitalisation de notre rapport au corps social, poétique et biologique. Pour Transrituel elle a créé avec ses hôtes, un parcours sous forme de performance rituelle, que le visiteur devait d’abord pratiquer les yeux fermés guidé par des passeurs. Le cérémonial se déroulant à l’extérieur de la maison, était ponctué de points de vue, de stations et de rencontres fortuites. Comme avec ces personnages étranges portant des masques de lutteur mexicains, sans doute une lointaine réminiscence de tatouages ou de parures rituelles. Après avoir traversé une serre et entendu une déclamation aux accents révolutionnaires, puis contourné des collections de bidons usagés, le visiteur pouvait découvrir, telle une apparition, l’image d’une figure féminine solaire projetée en vidéo au fond d’un appentis. (…) En d’autres termes, une sorte de chorégraphie planétaire, conçue au fin fond de la campagne fiacoise, pour relier nos mondes. Comme le ferait un chamane du XXIe siècle à l’heure de la globalisation.

à venir

  • Cette installation a été créée lors d'une résidence à FIAC
  • Institution.s Invitation de l'Association AFIAC en collaboration avec les Abattoirs de Toulouse, Centre d'Art Contemporain.
  • Document.s Édition papier et DVD paru dans le catalogue d'exposition TRANSRITUEL2.